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Affiche Trio's Cup
Tigre Bois
 
La complainte du golfeur (d'après Boris Vian)

Au bureau pour faire la cour
On parle d'amour
Pour mieux prouver son ardeur
On offre son coeur
Mais au golf c'est pas pareil
Ça change ça change
Pour séduire le cher ange
On lui glisse à l'oreille

Ah Gudule, viens m'embrasser, et je te donnerai...

Un belly putter, un joli driver, un sac à moteur,
Et un nouveau chapeau
Une voiturette, une ombrelle à paillettes
Des tas de tees verts et des cartes de sceaux !
Un relève-pitch et un porte-sandwich
Une jupette à fleurs, la photo de Tiger
Des gants qui chauffent
Un pistolet à gaufres
Un parcours pour deux...
Et nous serons heureux !

Et parfois s'il arrivait
Que l'on se querelle
L'air lugubre on s'en allait
En laissant l’matériel
Maintenant que voulez-vous
La vie est si chère
On dit: "rentre chez ta mère"
Et on se garde tout

Ah Gudule, excuse-toi, ou je reprends tout ça...

Mon joli driver, mon armoir’ à longs fers
Mon Harry putter, et ma prise Vardon
Mon cire-godasses, mon redresse-slice
Mon dégel-fairway, mon replace-divots !
La voiturette, le repousse-sockets
Le ramasseur-de-tee et le rentre-birdie

Et si la belle se montre encore rebelle
On la fiche dehors, pour confier son sort...

Au belly putter, au ratisse-bunker
A la voiturette, au par qu'est toujours fait
Au chauffe-grattes, au canon à patates
A l'évite-fairway, à l'enquille-bogey !

Mais très très vite
On reçoit la visite
D'une tendre petite
Qui vous offre son coeur

Alors on cède
Car il faut qu'on s'entraide
Et l'on vit comme ça jusqu'au prochain par 3
Et l'on vit comme ça jusqu'au prochain par 3
Et l'on vit comme ça jusqu'au prochain par 3

Sur l’Albatros (D'après "le Pornographe » de Brassens)

Autrefois quand j’étais marmot
Je n’replaçait pas mes divots
Et si j’pensait « Fore » tout bas
Je ne le disait pas
Mais
Maintenant que mon gagne pain
C’est de driver comme un bourrin
Je n’pense plus « Fore » pardi !
Mais je le dis

Je score atroce
Sur l’albatros
Mais j’suis l’champion
Du club-‘maison’

Afin d’épater la gal’rie
J’annonce des tonnes de birdies
Des cartes où j’suis jamais au d’ssus
Tout à fait incongru
Mais
En m’retrouvant seul sous mon toit
Dans ma psyché j’me montre au doigt
Et m’cri : Avoue qu’est’c’que t’a fais : « Triple Bogey »

Je score atroce
Sur l’albatros
Mais j’suis l’champion
Du club-‘maison’

Tous les samedis, j’dis mon amour
Aujourd’hui, c’est l’dernier parcours
Et l’dimanche, on va au ciné
J’trouve que « c’est pas donné »…
Mais
Craignant si je ne swing plus
D’finir 54 au dessus
Je r’mets bientôt sur le tapis
La balle et le tee

Je score atroce
Sur l’albatros
Mais j’suis l’champion
Du club-‘maison’

Ma femme déteste le jeu lent
Elle fait le parcours en courant
Chaqu’ fois qu’sur la partie d’avant
Y’a un certain ‘Roman’
Mais
M’est-il permis d’évoquer ça
En la présence de Falbala
Et dire qu’elle a, suraigu
Le feu au cul…

Je score atroce
Sur l’albatros
Mais j’suis l’champion
Du club-‘maison’

J’ai eu ma part de bonheur
L’autre jour en battant Tiger
Au mini-golf, plage de Sète
Un slope de 117
Car
Je lui ai dit « Turlututu »
Driver ici est défendu
Tu dois putter entre le chien
Et l’nain de jardin

Je score atroce
Sur l’albatros
Mais j’suis l’champion
Du club-‘maison’

Et quand j’enquille guilleret
Un de ces longs putts en montée
Une adorable sortie d’bunker
A la Bernard Langer
Mais
Me dit la voix noyée d’sommeil
« T’as pas entendu le réveil ? »
J’comprends alors, tout dégouté
Que j’ai rêvé

Je score atroce
Sur l’albatros
Mais j’suis l’champion
Du club-‘maison’

golf-imaginaire
Textes: mickaël Simon